
La version rustique : pâte feuilletée au caramel cassant en dessous, fine purée de pomme dedans, sans fioriture, très plaisant (2,40 €).
Crostata aux grosses tranches de pommes boskoop et compote acidulée : pâte sablée riche à l’épeautre, équilibre parfait entre mâche et douceur.
Crostata aux pommes Boskoop dans une épaisse pâte sablée aux farines de caractère, gorgée de jus de cuisson : une tarte rustique, pleine de mâche et de saveurs, pour les amateurs de fournil néo-artisanal (5€).
Chez Manobaké, le nom lui-même est une promesse, la contraction de Manuel, son créateur, et de baké, la boulangerie en japonais. C'est le point de départ d'une philosophie où la technique française la plus rigoureuse rencontre une esthétique et une précision d'inspiration nippone. Cette vision s'incarne à la perfection dans le kouign-amann, une pièce d'orfèvrerie. Loin des versions rustiques, celui-ci déploie un feuilletage d'une régularité stupéfiante, dont chaque strate croustillante est enrobée d'une caramélisation ambrée, intense mais jamais écœurante. La qualité du beurre y est pour beaucoup, offrant une richesse en bouche qui est immédiatement contrebalancée par une juste dose de sucre. C'est une leçon d'équilibre. On retrouve cette même maîtrise dans le flan à la vanille, dont l'appareil soyeux, presque crémeux, libère des arômes puissants de gousse infusée, tranchant avec le mordant d'une pâte brisée exemplaire. Si Manobaké excelle dans les classiques, comme en témoigne un pain au chocolat au feuilletage aérien, la maison sait aussi s'aventurer sur des terrains plus contemporains avec des créations hybrides et audacieuses. La file d'attente qui s'étire régulièrement sur le trottoir n'est pas un hasard ; elle est la reconnaissance par les gourmands d'un artisanat d'exception, où chaque produit, de la plus simple viennoiserie à la pâtisserie la plus complexe, est le fruit d'une réflexion et d'une exécution sans compromis.