
38 Rue Cambon, 75001 Paris, France
Cake marbré chocolat, moelleux exceptionnel, touche d’amertume légère ; crème épaisse à part, coup de cœur palace Ritz.
Millefeuille à emporter, feuilletage en forme de U, crème chantilly vanille, caramel et noix de pécan, expérience unique.
François Perret propose une tarte comme une assiette de fruits rouges, crème d'amande, fraises nappées, basilic et crème de Bresse (16 €).
Franchir la porte du Comptoir du Ritz, c'est toucher du doigt un mythe, celui de la pâtisserie de palace rendue accessible, pensée par l'un des plus grands talents de sa génération, François Perret. Ici, au 38 rue Cambon, dans ce qui s'apparente aux coulisses du légendaire hôtel, le chef élu Meilleur Pâtissier de Restaurant du Monde en 2019 a imaginé un lieu où la gourmandise se fait nomade, généreuse et faussement simple. Le fil conducteur est une relecture virtuose des classiques de l'enfance, de ces goûters qui ont marqué nos mémoires. L'icône absolue en est le cake marbré. Sous un glaçage miroir d'un brillant parfait se cache un moelleux confondant, où le dialogue entre une vanille profonde et un cacao intense atteint une perfection quasi architecturale. C'est l'archétype du gâteau de voyage élevé au rang d'œuvre d'art. Mais la signature de François Perret, c'est aussi cette audace créative incarnée par le croissant-madeleine. Imaginez la forme dodue et réconfortante de la madeleine de Proust, mais travaillée avec une pâte à croissant feuilletée, légère et croustillante. C'est une prouesse technique qui fusionne deux monuments du patrimoine français en une seule bouchée, un pur instant de grâce. Cette vision, le chef l'a partagée bien au-delà de la Place Vendôme, notamment grâce à une série documentaire qui a révélé son approche humble et son obsession pour le produit juste. Ses créations, comme ses fameux trompe-l'œil ou ses boissons pâtissières déclinant ses gâteaux en version liquide, sont toujours le fruit de cette recherche d'épure et d'émotion directe. Le Comptoir n'est donc pas une simple boutique, mais bien le laboratoire à ciel ouvert d'un chef qui a su ôter à la haute pâtisserie ses codes intimidants pour n'en garder que l'essentiel : l'excellence des matières premières, la précision du geste et, surtout, le pouvoir de raviver un souvenir heureux. C'est un luxe sincère, qui se déguste en marchant, comme une confidence sucrée au cœur de Paris.