The French Bastards, un nom qui claque comme un coup de fouet dans le paysage souvent feutré de la boulangerie parisienne. Et c’est précisément là que se niche leur identité. Loin d’être un simple artifice marketing, cette appellation et l’univers qui l’accompagne, entre néons et musique rock, signent l’acte de naissance d’une boulangerie décomplexée, fondée par Julien Abourmad, David Abehsera et Emmanuel Gunther. Ils ont sciemment choisi de casser les codes pour mieux célébrer le produit. Si les viennoiseries peuvent sembler conçues pour l’œil, c’est qu’elles incarnent une gourmandise assumée, spectaculaire. On pense bien sûr au cruffin, cet hybride virtuose entre le croissant et le muffin, dont la garniture crémeuse change au gré des saisons, ou à leur babka au feuilletage marbré, dont la générosité en chocolat ou en praliné est devenue une signature. Ces créations ne sont pas juste photogéniques, elles sont le fruit d’une technique impeccable, notamment dans la maîtrise du feuilletage, héritée d’un passage dans les plus grandes maisons. Et le pain dans tout ça ? Il est le socle, la preuve de leur attachement à l’essentiel. Travaillé au levain naturel, à partir de farines bio et anciennes, avec des fermentations longues, il est l’expression d’un artisanat pur. S’il ne laisse pas un souvenir exubérant, c’est peut-être parce qu’il est d’une justesse classique, un compagnon du quotidien qui n’a pas besoin d’artifices pour convaincre, se contentant d’être parfaitement exécuté. Chez The French Bastards, le pain est la fondation solide sur laquelle repose une créativité pâtissière explosive. C’est ce grand écart maîtrisé qui a fait leur succès fulgurant et qui continue d’attirer les foules.