52 avenue Laplace 2 avenue Wladimir-Ilitch-Lenine, Arcueil
L'édifice qui nous concerne, la chapelle des Franciscains d'Arcueil, plus communément désignée Chapelle Perret, se présente comme une leçon d'économie constructive et de vérité structurelle, érigée entre 1927 et 1929. C'est un jalon modeste mais significatif dans l'œuvre d'Auguste Perret, pionnier du béton armé, où les contraintes budgétaires n'ont fait qu'aiguiser l'ingéniosité de son approche. Loin des grandioses expérimentations, ici, la sobriété est reine, dictée par la commande des religieuses de l'Immaculée Conception pour un orphelinat aux moyens limités. Perret, avec sa rigueur habituelle, a conçu un bâtiment d'une simplicité radicale, un plan rectangulaire dénué de toute fioriture superflue. La construction révèle sans ambages la dialectique chère à l'architecte entre une ossature porteuse en béton armé – poteaux et poutres définissant une trame – et un remplissage en maçonnerie de briques creuses. Cette approche, manifeste et non dissimulée, est la signature de Perret, affirmant la poétique du béton armé, où la structure est aussi l'expression architecturale. L'on y perçoit sa quête inlassable d'une architecture rationnelle, déclinant les principes classiques à travers le prisme du matériau moderne par excellence. La chapelle elle-même est astucieusement installée à l'étage, surplombant ce qui fut autrefois un préau ouvert au rez-de-chaussée. Cette disposition non seulement optimise l'espace disponible, mais confère également au lieu sacré une élévation symbolique, le détachant du quotidien terrestre. L'accès s'opère par un escalier qui se prolonge jusqu'à une tribune, offrant ainsi une lecture claire de la distribution des fonctions. L'intérieur, baigné d'un éclairage bleuté émanant de grands vitraux abstraits, démontre la capacité du béton brut à composer des atmosphères propices au recueillement, bien au-delà de sa seule fonction statique. Perret savait utiliser la lumière pour sculpter l'espace, même dans ses réalisations les plus dépouillées. Il est à noter que l'édifice, malgré la perte de sa destination première et l'intégration de mobilier liturgique contemporain de Jean-François Ferraton en 2002 – un autel en verre, un ambon, une croix –, a conservé son intégrité structurelle et spatiale, témoignant de la robustesse de sa conception originelle. Le classement au titre des monuments historiques en 1999, bien après sa construction, souligne une reconnaissance tardive, mais justifiée, de la valeur patrimoniale et didactique de cette œuvre. C'est une illustration éloquente de la manière dont Perret parvenait, même avec des budgets contraints, à élever l'utilitaire au rang de l'art, et à façonner des volumes qui, par leur honnêteté constructive, continuent d'interpeller l'observateur averti.