62-64 rue René-Boulanger, Paris 10e
L'Hôtel de Rosanbo, édifié en 1780, illustre avec une certaine exemplarité la modeste transition stylistique de la fin du XVIIIe siècle parisien. Œuvre de Nicolas-Claude Girardin, un architecte dont la discrète carrière ne fut guère émaillée de fulgurances, l'édifice propose une composition dont la sobriété confine à l'impersonnalité, trait d'ailleurs assez commun aux hôtels particuliers de cette époque, soucieux d'une certaine dignité bourgeoise plutôt que d'un éclat ostentatoire. Il s'agit là d'une architecture de l'aplomb, du bon sens constructif, conçue pour un commanditaire, le marquis de Rosanbo, figure parlementaire dont la position n'exigeait plus les excentricités d'une noblesse plus ancienne ou d'une bourgeoisie trop fraîchement enrichie. La prudence stylistique primait sur l'innovation.