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Église Sainte-Geneviève de Puiseux-en-France

Église Sainte-Geneviève de Puiseux-en-France

Puiseux-en-France

L'Envolée de l'Architecte

L'église Sainte-Geneviève de Puiseux-en-France se dérobe en grande partie au regard, un destin singulier pour un édifice dont le style « gothique rustique » défie toute datation précise, le réduisant souvent à un ensemble composite d'interventions successives. D'emblée, cette modestie apparente est révélatrice d'une histoire architecturale où les compromis et les réparations l'emportent sur une vision unifiée. À l'extérieur, son allure fruste, faite de moellons et d'enduits, contraste avec une façade occidentale discrète et un clocher pour le moins curieux. Ce dernier, dont la base est flanquée de deux tourelles aveugles coiffées en poivrière, se voit surmonté d'une partie haute de diamètre moindre et désaxée. Une telle disposition suggère deux campagnes distinctes, attestant de l'évolution pragmatique du bâti plus que d'une conception d'ensemble audacieuse. Au-dedans, l'édifice, malgré les marques du temps et des transformations, présente une harmonie inattendue. Le plan rectangulaire se déploie sur trois vaisseaux et cinq travées. La nef et ses bas-côtés, plafonnés de bois, offrent une simplicité qui se heurte çà et là à des éléments plus raffinés. On y observe, par exemple, dans le bas-côté sud, une colonne dorique et son tailloir qui, par leur profil, s'apparentent aux pilastres de la chapelle Sainte-Geneviève, soulignant que des projets d'embellissement, voire de voûtement, ont pu être envisagés, avant de rester inachevés. L'arc triomphal ouvrant sur le chœur retient l'attention par son chapiteau flamboyant surbaissé, orné d'anges et d'un escargot, un détail qui, par son style, se rattache à la fin du XVe ou au début du XVIe siècle. Le chœur et ses deux chapelles latérales, voûtés d'ogives à la Renaissance, révèlent une construction somme toute rustique, dénuée de clés de voûte sculptées ou de formerets. La chapelle latérale nord, dédiée à Sainte-Geneviève, se distingue par la présence d'un remplage Renaissance standard, l'un des rares éclats décoratifs d'un édifice par ailleurs dépouillé. L'église de Puiseux, citée dès 1119 et dédiée à Sainte-Geneviève depuis 1578, a connu une lente marginalisation. Le développement de nouveaux quartiers, éloignés du vieux village, a conduit à la construction d'une nouvelle chapelle, Sainte-Thérèse, au Bois du Coudray. Après la destruction par le feu d'une première structure de fortune, une « baraque de prisonniers récupérée du camp de Drancy », une chapelle en dur fut érigée en 1966. L'ancienne église, désormais supplantée pour les célébrations régulières, accueille sporadiquement mariages et obsèques. Cette désaffection ecclésiale n'a pas empêché son inscription aux monuments historiques en 1976, un paradoxe pour un bâtiment que l'abbé Lebeuf décrivait déjà au XVIIIe siècle comme « un bâtiment assez moderne par le moyen des fréquentes réparations qu'on y a faites » et que le baron de Guilhermy qualifiait au XIXe de « sans importance et sans caractère ». Au milieu de cette sobriété, le mobilier offre quelques pièces notables, dont un retable baroque du XVIIe siècle dans la chapelle de la Vierge, aux colonnettes ornées de pampres, ainsi qu'une cloche en bronze fondue en 1793 par Gaudiveau, dont l'inscription rappelle les noms de ses dédicataires : « Marie Genevieve Sebastienne ancien patron ». C'est là une ultime réminiscence d'une histoire où les traces de l'ancien sont constamment retouchées, superposées, voire effacées par les impératifs des époques successives.