6 place de la Concorde, Paris 8e
L'Hôtel du Plessis-Bellière, discret numéro 6 de la place de la Concorde, ne saurait être appréhendé sans le prisme de la majestueuse – et quelque peu trompeuse – scénographie urbaine conçue par Jacques-Ange Gabriel. Cette ordonnance néo-classique, initialement destinée à structurer et unifier un espace royal disparate, impose une façade-écran d'une rigueur admirable, mais dont le rôle est avant tout de composer un tout monumental. L'illusion d'une unité architecturale se heurte en effet à une réalité plus prosaïque : celle d'une spéculation immobilière où des fortunes privées se sont adossées à la splendeur royale, avec des parcelles cédées à des particuliers contraints par le plan d'urbanisme. C'est un compromis architectural typique, où l'esthétique collective prime sur l'expression individuelle de la propriété.