Les Fontaines, Montreuil-sur-Epte
Il est à noter que l'agencement de cette allée couverte de Copierres, également connue sous le nom de dolmen Vieille Cote, révèle une singularité architecturale qui ne manque pas de piquer la curiosité de l'observateur attentif. Découvert fortuitement par Émile Collin lors d'une prospection de silex, puis méthodiquement étudié par Adrien de Mortillet, cet édifice mégalithique du Val-d'Oise, classé en 1895, se dresse sur un coteau à 118 mètres d'altitude, taillé directement dans le sous-sol calcaire. Son orientation ouest-nord-ouest / est-sud-est n'est pas fortuite, épousant le dénivelé du terrain et signalant une relation pragmatique avec la topographie. La structure se distingue par une chambre funéraire d'une conception peu commune, scindée en trois sections distinctes, comme autant d'interventions successives, dérogeant à l'unité que l'on pourrait attendre d'un tel monument. L'absence d'antichambre et la nature unique de son entrée soulignent une spécificité fonctionnelle et formelle. L'espace intérieur, d'une longueur d'environ 15,30 mètres, présente une variation délibérée de ses dimensions : sa largeur décroît de 2,12 mètres au fond à 1,40 mètre à l'entrée, tandis que sa hauteur passe de 2,15 mètres à un modeste 0,60 mètre. Cette compression progressive du volume conduit l'expérience de l'intérieur vers l'extérieur avec une intention claire. Le chevet est caractérisé par une dalle monolithique imposante, mesurant 2,15 mètres de hauteur sur 2,40 mètres de largeur, qui ancre la composition. Les parois latérales du premier tronçon, sur 7,50 mètres, sont formées d'orthostates soigneusement alignés et de surface lisse, d'une hauteur moyenne de 2 mètres, parfois doublés dans une ingénieuse superposition latérale. Le second tronçon, s'étendant sur 5 mètres, présente des dalles moins régulières et une hauteur progressivement réduite, avant de céder la place à un dernier tronçon bâti de plaquettes de calcaire, ne dépassant pas 0,60 mètre, se terminant en demi-cercle sous la seule table de couverture encore en place. Les intervalles entre ces éléments de paroi furent obturés par des plaquettes empilées, témoignage d'une technique de maçonnerie élémentaire mais efficace. Le sol dallé sur toute la longueur de l'allée démontre un souci d'aménagement intérieur. L'intérieur de cette chambre a livré un conglomérat d'ossements humains, dont quatorze crânes, onze portant des traces de trépanation, offrant un aperçu des pratiques rituelles ou médicales préhistoriques. Deux couches archéologiques ont été discernées, l'une néolithique, l'autre gallo-romaine, suggérant une occupation ou une utilisation séquentielle du site sur une longue période. Le mobilier funéraire, abondant et retrouvé principalement dans le fond, est révélateur de la culture Seine-Oise-Marne, avec ses lames de silex, ses pointes de flèches, ses poinçons en os et une gamme variée d'éléments de parure, comprenant des perles de calcite, des coquillages et même des objets en cuivre ou bronze, attestant d'échanges et d'une certaine sophistication artisanale. Cette allée couverte, par ses choix constructifs et son histoire stratifiée, incarne une réponse ingénieuse aux contraintes du terrain et des matériaux, tout en perpétuant, à travers les âges, sa fonction de sépulture collective.