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Maison Claustrier

Maison Claustrier

56 rue des Francs-Bourgeois, Paris 3e

L'Envolée de l'Architecte

La "Maison, dite 'Maison Claustrier'", si elle figure bien dans le registre des protections du 3e arrondissement, ne se livre guère aux détails architecturaux dans le document fourni. Nous sommes ainsi contraints à une observation plus générale, celle du microcosme urbain dans lequel elle s'inscrit, un arrondissement qui, avec ses 141 édifices protégés en 2010, se positionne honorablement au quatrième rang parisien en termes de densité patrimoniale. Ce foisonnement témoigne d'une strate historique particulièrement dense, où l'édifice domestique prédomine, puisque "environ 80 % des protections concernent des hôtels particuliers, des immeubles ou des maisons". La Maison Claustrier, quelle que soit son inscription exacte, s'insère donc dans cette typologie dominante. On peut dès lors esquisser, par induction, un portrait-robot de ce que pourrait être cette bâtisse. Il s'agirait vraisemblablement d'une construction antérieure au XIXe siècle, peut-être des XVIIe ou XVIIIe siècles, périodes fastes pour l'érection des demeures bourgeoises et aristocratiques dans le Marais. La prudence s'impose, bien sûr, en l'absence de plan ou de description factuelle. Ces édifices se caractérisent souvent par une façade sur rue d'une sobriété étudiée, parée de pierre de taille calcaire, où l'ordonnancement classique des baies et la délicatesse des ferronneries des balcons ou garde-corps constituaient l'essentiel de l'ornementation. Le jeu des pleins et des vides s'y articule avec une discipline qui tend à masquer la richesse intérieure, l'intimité de la cour d'honneur et l'agrément éventuel d'un jardin dérobé. La dialectique entre l'apparence publique et la vie privée y est fondamentale, les corps de logis s'organisant souvent autour d'une cour pavée, accessible par un porche majestueux ou plus discret. Le fait que la majeure partie de l'arrondissement soit couverte par le "plan de sauvegarde et de mise en valeur du Marais" (PSMV) est, en soi, une information précieuse. Ce cadre réglementaire, l'un des plus exigeants de France, impose une conservation rigoureuse des volumes, des matériaux d'origine, et parfois même de la distribution intérieure. Il ne s'agit pas seulement de préserver la peau de l'édifice, mais son âme structurelle et spatiale. Ainsi, la Maison Claustrier, quelle que soit sa modestie ou sa grandeur passée, est aujourd'hui soumise à une discipline patrimoniale qui garantit, du moins en théorie, l'intégrité de ses composants historiques. Ce faisant, elle participe, comme tant d'autres "maisons" moins célèbres que les grands hôtels particuliers, à la préservation d'une trame urbaine unique, où chaque pierre raconte, ou pourrait raconter, une part de l'histoire de Paris. C'est une protection discrète, presque anonyme dans le flot des listes, mais non moins essentielle à la cohérence de l'ensemble.