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Mairie du7earrondissement

Mairie du7earrondissement

116 rue de Grenelle, Paris 7e

L'Envolée de l'Architecte

L'hôtel de Villars, aujourd'hui Mairie du 7e arrondissement, offre un exemple éloquent du palimpseste architectural parisien. Loin d'être une création univoque, cet édifice est le fruit de strates successives, où le faste aristocratique s'est progressivement mué en une dignité administrative, non sans une certaine ambivalence. C'est une incarnation de la persistance des cadres architecturaux anciens pour des fonctions nouvelles. Érigé initialement entre 1645 et 1657 pour Jacques le Coigneux, président à mortier, l'hôtel s'inscrivait dans le grand mouvement d'embellissement du Faubourg Saint-Germain, alors en pleine expansion. C'était une demeure conçue pour la représentation autant que pour l'intimité, articulée selon le schéma classique de l'hôtel particulier, entre cour d'honneur et jardin. Son destin prend un tour plus affirmé avec l'acquisition, ou plutôt l'occupation progressive, par Claude Louis Hector de Villars au début du XVIIIe siècle. C'est à cette période, entre 1714 et 1717, sous l'égide de Germain Boffrand, architecte de renom et élève de Mansart, que l'édifice connaît une profonde métamorphose. Boffrand, dont l'œuvre marquait le passage du grand style baroque vers la grâce de la Régence et les prémices du rocaille, aurait sans doute apposé sa marque sur les aménagements, raffinant les intérieurs et orchestrant l'extension vers l'ouest par ce que l'on nomma le « petit hôtel de Villars ». On peut imaginer des façades plus ordonnancées, des espaces intérieurs plus fluides et une ornementation rocaille naissante, succédant à la rigueur classique du XVIIe siècle. Le jardin, avec sa façade inscrite aux monuments historiques, conserve sans doute le mieux l'empreinte de cette époque, témoignant de l'élégance discrète mais affirmée de l'architecture du premier XVIIIe siècle parisien, où la dialectique entre le minéral des bâtis et le végétal du parterre était essentielle. Le second grand basculement intervient en 1862, lorsque la Ville de Paris en fait l'acquisition pour 1 350 000 francs. Cette somme substantielle témoigne de la valeur intrinsèque de la propriété, mais aussi de l'impérieuse nécessité, sous le Second Empire et l'ère Haussmannienne, de doter les arrondissements de cadres dignes de leurs fonctions civiques. Joseph Uchard fut alors chargé des aménagements pour transformer cette demeure d'apparat en un centre névralgique de l'administration locale. Il est probable que cette conversion ait nécessité des compromis entre la préservation des splendeurs passées et l'adaptation à des usages plus prosaïques : bureaux, salle de conseil, services publics. La