7 rue de la Psalette, Tours
Le cloître de la Psalette, adossé à la cathédrale Saint-Gatien de Tours, incarne cette persistance des cadres médiévaux, certes, mais surtout l'empreinte des aspirations nouvelles. Jadis lieu d'une activité canoniale assidue, depuis le Haut Moyen Âge, il fut le théâtre des labeurs intellectuels et spirituels des chanoines, un espace où la prière et l'étude rythmaient la vie conventuelle. C'est néanmoins à partir du XVe siècle que l'édifice se pare des atours qui le caractérisent aujourd'hui, grâce au concours de l'archevêque Jean de Bernard. Cette période de transition, s'achevant au XVIe siècle, voit l'intégration de formes Renaissance au sein d'une structure dont la vocation était profondément ancrée dans le passé. Le nom même, 'Psalette', évoque la musicalité qui emplissait ses murs, témoin d'une école de musique attenante, rappelant la richesse culturelle du chapitre, dont la bibliothèque fut un temps l'une des plus considérables du royaume avant que la Révolution ne disperse ses trésors en 1793. Architecturalement, l'attention se porte inévitablement sur l'escalier à vis, logé dans l'angle nord-est. Attribué à Bastien François, il offre une singulière réplique, à échelle réduite, de l'illustre escalier du château de Blois, commande royale de François Ier. Cette parenté n'est pas fortuite : elle témoigne de la diffusion des modèles royaux et des ambitions stylistiques de l'époque, même dans des constructions d'une autre envergure. L'emploi de cette forme hélicoïdale, avec ses volées élégantes et son puits central, confère à ce recoin une sophistication certaine, mariant la fonction pratique à une esthétique recherchée, caractéristique de l'esthétique du premier Renaissance française. Ce détail, loin d'être anecdotique, révèle une volonté d'intégrer des innovations formelles dans un ensemble plus traditionnel, illustrant la manière dont les modes architecturales se propageaient alors. Le jeu des pleins et des vides, des arcades s'ouvrant sur le jardin clos, crée un équilibre entre l'introspection du cloître et son ouverture limitée sur le monde extérieur. Au-delà de ses qualités intrinsèques, ce lieu a également eu l'honneur, ou le fardeau, d'être immortalisé par Honoré de Balzac, qui en fit le décor du Curé de Tours. Une consécration littéraire qui, souvent, confère une aura romanesque à l'architecture, parfois au détriment d'une appréciation purement structurelle et historique. Le classement au titre des monuments historiques en 1889 fut une reconnaissance tardive de son importance, permettant la préservation d'un ensemble qui, par sa discrétion, n'en est pas moins un jalon significatif de l'évolution architecturale en Touraine.