37 rue Parmentier, Tours
La synagogue de Tours, édifiée en 1907 par Victor Tondu, ne se révèle pas d'emblée dans son intégralité sur la rue Parmentier. Elle adopte la stratégie d'un ensemble urbain discret, où la demeure du rabbin, s'ouvrant directement sur l'artère, dissimule en retrait le lieu de culte principal. Cette articulation, que l'on retrouve dans d'autres édifices du temps, telle la Grande Synagogue de Lyon, établit une transition, un sas architectural entre l'espace profane de la ville et le sacré du sanctuaire. L'architecte Tondu, qui réitéra ce modèle à Vincennes, semble avoir systématisé une typologie fonctionnelle pour l'établissement israélite moderne. Le financement de Daniel Osiris, mécène dont la générosité éclectique marqua son époque, permit l'érection de cet ensemble. Sur le plan stylistique, l'édifice propose un amalgame, non sans une certaine curiosité, entre les sinuosités et la recherche ornementale de l'Art Nouveau et des emprunts plus manifestes à l'orientalisme. Ce dernier courant, souvent invoqué pour les synagogues du XIXe et du début du XXe siècle, cherchait à affirmer une identité architecturale distincte des modèles ecclésiastiques dominants, parfois au risque d'une certaine exotisation. Ici, il confère sans doute une singularité recherchée. Il convient de noter que les vitraux actuels, œuvre de Pierre Lux Fournier en 1949, témoignent d'une intervention postérieure, sans doute de restauration ou de modernisation après les épreuves du siècle. Plus récemment, en 2005, une plaque commémorative fut apposée en façade, honorant les Justes du département, inscrivant ainsi l'édifice dans une mémoire collective contemporaine, bien au-delà de sa fonction initiale de culte. L'ensemble, inscrit à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques, constitue un témoignage de la vitalité et des choix architecturaux de la communauté juive française au début du XXe siècle, oscillant entre intégration urbaine et affirmation identitaire.