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Église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle

Église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle

Rue Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle rue Beauregard rue de la Lune, Paris 2e

L'Envolée de l'Architecte

L'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle, nichée au cœur du 2e arrondissement parisien, se présente comme la troisième itération d'un lieu de culte sur un site dont l'histoire, à elle seule, témoigne de la constante métamorphose urbaine. Achevée en 1830, sous la houlette d'Étienne-Hippolyte Godde, architecte municipal dont la production ne dérogea jamais à une certaine rectitude, cette église incarne avec une sobriété toute néoclassique les aspirations de son époque. Elle est, de surcroît, l'une de ces rares constructions parisiennes à s'élever sur pilotis, une prouesse structurelle souvent nécessaire sur les terrains capricieux de la capitale, à l'instar de Notre-Dame-de-Lorette. Cette fondation sur un ancien cimetière, dont la nef occupe désormais l'emplacement, n'est d'ailleurs pas sans un certain… pragmatisme. La singularité ne s'arrête pas là. Alors que la tradition ecclésiale privilégie une orientation est-ouest, celle-ci s'offre au visiteur selon un axe nord-sud, le portail rue de la Lune faisant face au chevet de la rue Beauregard. Un compromis sans doute dicté par les contraintes parcellaires plus que par une volonté dogmatique. Godde, dans son souci de l'économie formelle, lui a conféré une façade des plus épurées : un péristyle tétrastyle d'ordre dorique, surmonté d'un fronton triangulaire, compose un porche d'une rigueur quasi-antique. L'intégration du clocher, vestige du second édifice du XVIIe siècle, est certes réussie, mais témoigne surtout d'une volonté de continuité historique, ou du moins d'une opportunité d'économie, plutôt que d'une audace architecturale. À l'intérieur, la nef basilicale, dépourvue de transept, s'organise avec une logique implacable. Des colonnes doriques scandent l'espace, reliant les bas-côtés par des arcs en plein cintre et soutenant une voûte en berceau qui couvre le vaisseau central. L'ensemble, d'une certaine nudité, met en exergue une clarté structurelle qui peut, pour certains, frôler une forme de dénuement expressif. Pourtant, l'édifice est loin d'être figé dans son passé néoclassique. L'actuelle paroisse, confiée au Chemin néocatéchuménal, a vu l'intégration d'un baptistère octogonal creusé dans le sol, accessible par sept marches. Ce dispositif, destiné au baptême par immersion totale, constitue une réappropriation contemporaine de pratiques paléochrétiennes, conférant à ce lieu une vitalité liturgique inattendue. Cette église, qui a le curieux privilège d'être la sainte patronne de la radio et de la télévision – une distinction posthume dont bien peu d'édifices peuvent se targuer –, abrite également une collection d'œuvres picturales d'un intérêt certain. Parmi celles-ci, on notera la redécouverte fortuite, en 1970, d'une Annonciation de Giovanni Lanfranco, dissimulée derrière l'orgue, ou encore des toiles de Philippe de Champaigne et de Pierre Mignard, qui animent ces murs avec une éloquence discrète. Autant d'éléments qui, au-delà de la façade austère et du plan rectiligne, rappellent que l'histoire, parfois, se niche dans les détails les plus inattendus.