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Tour Areva

Tour Areva

CB1

L'Envolée de l'Architecte

Émergeant du paysage urbain de La Défense, la Tour Areva, anciennement Tour Fiat, se dresse comme un monolithe obscur, une forme inspirée directement par les éléments énigmatiques du film 2001, l'Odyssée de l'espace de Stanley Kubrick. Achevé en 1974, cet édifice fut le fruit d'une collaboration transatlantique entre les architectes américains Skidmore, Owings and Merrill et leurs homologues français Roger Saubot et François Jullien. Sa silhouette est celle d'un parfait parallélépipède, une géométrie d'une simplicité et d'une force brutales. L'enveloppe du bâtiment est revêtue d'un granite sombre, une carapace minérale qui confère à l'ensemble une gravité et une présence sculpturales. Les fenêtres, au verre fumé, présentent une particularité optique : elles s'élargissent subtilement à mesure que l'on monte dans la structure. Cette astuce de conception ingénieuse vise à moduler la perception de la hauteur, atténuant l'effet de verticalité pour l'observateur au sol et préservant l'homogénéité visuelle de la façade. À son inauguration, la Tour Areva, alors connue sous le nom de Tour Fiat, affichait une hauteur de 184 mètres, la hissant au rang de plus haute tour de La Défense, un symbole éclatant de la deuxième génération de gratte-ciel du quartier. Son emplacement initial portait le nom de code CB1 dans le plan-masse de l'aménagement. Il est intéressant de noter que le projet originel prévoyait une tour jumelle, une ambition de symétrie monumentale qui n'a finalement jamais été réalisée, l'emplacement envisagé étant aujourd'hui occupé par la Tour Total. La massivité de la tour est palpable : elle pèse 145 000 tonnes, dont 4 000 tonnes de granit pour ses seules façades et 45 000 mètres cubes de béton. Ces chiffres illustrent une prouesse d'ingénierie structurelle, érigeant un bâtiment d'une robustesse impressionnante. Au-delà de ses caractéristiques techniques, la tour fut le théâtre d'un événement insolite en 1987, lorsque le parachutiste Patrick de Gayardon réalisa un saut en Base Jump depuis son sommet, un exploit urbain rarement autorisé en France et qui témoigne de son statut emblématique. Après avoir été le siège social de grands groupes industriels comme Fiat puis Areva, et plus récemment Orano et Framatome, la tour connaît actuellement une période de vacance significative. Cette situation, influencée par les évolutions des modes de travail et le marché immobilier, a conduit à des changements de propriétaires. La Tour Areva, avec son allure austère et sa façade sombre, demeure néanmoins une figure reconnaissable du skyline de La Défense, un repère intemporel qui continue de marquer de son empreinte minérale le paysage architectural de l'ouest parisien.