Voir sur la carte interactive
Faculté de médecine

Faculté de médecine

Rue de l'École de Médecine, Montpellier

L'Envolée de l'Architecte

L'édifice qui abrite aujourd'hui la faculté de médecine de Montpellier, ancien monastère bénédictin puis résidence épiscopale, représente un cas d'étude intéressant de réaffectation monumentale, passé aux mains de la nation en mille-sept-cent-quatre-vingt-quinze. Il incarne une continuité, somme toute singulière, pour une institution dont les origines, fort anciennes, n'avaient guère de toit. En effet, dès la fin du douzième siècle, l'édit de Guilhem Huit, promulgué en onze-cent-quatre-vingt-un, conférait une liberté d'enseignement de la médecine alors peu commune. Cette effervescence pragmatique fut formellement encadrée par le cardinal Conrad d'Urach en mille-deux-cent-vingt, dotant l'universitas medicorum de statuts précis, un acte fondateur s'inscrivant dans les jeux d'influence politiques de l'époque, et à en croire certains historiens, même dans la lutte contre le catharisme. Longtemps nomade, l'enseignement ne s'institutionnalise pas immédiatement dans la pierre. Les premières infrastructures dédiées apparaissent vers mille-trois-cent-soixante, sous l'égide du pape Urbain Cinq, avec l'édification du Collège des douze médecins et du Collège Saint-Benoît-Saint-Germain. Ce dernier, après maintes mutations, est devenu le siège actuel. La Renaissance marque un tournant avec l'acquisition des premiers locaux propres de l'université, le Collège Royal de Médecine, vers mille-quatre-cent-soixante-neuf, et surtout, l'inauguration en quinze-cent-cinquante-six du premier amphithéâtre anatomique de France. Cette formalisation des lieux de dissection reflète une avancée pédagogique notable. Le Jardin des Plantes, initié en quinze-cent-quatre-vingt-treize par Pierre Richer de Belleval sous Henri Quatre, représente également une concrétisation spatiale de l'intérêt pour la botanique médicale, prolongeant d'ailleurs une tradition déjà ancrée par Guillaume Rondelet et son jardin de simples interne au collège dès quinze-cent-cinquante-quatre. Le dix-huitième siècle voit l'émergence de figures marquantes, tel François Gigot de Lapeyronie, dont le legs permit la construction de l'Hôtel Saint-Côme pour l'Académie royale de chirurgie, séparant ainsi l'art du barbier de celui du chirurgien. La Révolution, en dépit de la fermeture des universités en mille-sept-cent-quatre-vingt-douze, ne parvint pas à éteindre la flamme montpelliéraine : l'enseignement, grâce à la discrétion des autorités municipales, perdura dans une clandestinité ingénieuse. Les locaux actuels, l'ancien évêché, furent alors réquisitionnés en mille-sept-cent-quatre-vingt-quinze, tandis que le Collège Royal de Médecine devint, en dix-huit-cent-trois, l'école de pharmacie, aujourd'hui MoCo La Panacée, transformant ainsi un lieu d'érudition en un espace artistique contemporain. Le dix-neuvième siècle apporte des enrichissements significatifs. Jean-Antoine Chaptal impulse la création d'un théâtre d'anatomie et d'une bibliothèque universitaire, dont la richesse des fonds manuscrits, certains remontant au huitième siècle, témoigne d'une ambition encyclopédique. Le musée Atger, fondé en dix-huit-cent-treize, offrait aux étudiants en médecine une collection de dessins pour affûter leur sens de l'observation, une démarche alors jugée fondamentale. L'intégration progressive des femmes à la fin du dix-neuvième siècle marque une évolution sociale et institutionnelle notable, symbolisée par Agnès McLaren, première femme diplômée en médecine en dix-huit-cent-soixante-dix-huit, et surtout par Glafira Ziegelmann, pionnière des internes et cheffes de clinique provinciales, dont la tentative d'agrégation, avortée par les préjugés de son temps, ne l'empêcha pas de laisser sa marque dans les annales de la faculté. Son portrait, unique figure féminine dans la salle des actes, en est le témoignage discret.