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25 bis, rue Benjamin Franklin

25 bis, rue Benjamin Franklin

25 bis, rue Benjamin Franklin

L'Envolée de l'Architecte

Vous vous trouvez face à un édifice de référence, conçu par les architectes Auguste et Gustave Perret en 1903. Observez la façade, entièrement recouverte de béton armé, une innovation pour l'époque. ... La parcelle était exiguë, ce qui obligea les architectes à construire une structure légère. Le développement en creux de la façade permet ainsi d'assurer l'éclairage naturel des pièces sans avoir besoin de cour intérieure. ... Sur la façade, les matériaux de revêtement différencient l'ossature et le remplissage : la céramique souligne la structure tandis que les panneaux de grès flammé d'Alexandre Bigot donnent vie aux parois. ... L'évolution suit rigoureusement les règles imposées par le nouveau règlement de voirie de 1902. Le gabarit impose un retrait des derniers niveaux, ce qui entraîne la construction d'un système de terrasses sur trois étages. La cage d'escalier est éclairée par des briques de verre Falconnier. ... C'est l'un des premiers immeubles en béton armé, le tout premier fut construit au 1, rue Danton par François Hennebique entre 1898 et 1900. L'ossature adoptée est constituée d'un système de piliers supportant une combinaison de dalles et de poutres en béton armé. ... L'organisation intérieure est également novatrice. Dans les appartements, la structure de poteaux et de poutres libère les murs de leur rôle porteur et permet d'ouvrir les pièces au maximum. ... Les frères Perret ont clarifié les rapports entre architecture et construction dans cet immeuble de la rue Franklin. Les différents matériaux de revêtement de la façade expriment leurs préoccupations à la fois techniques et esthétiques. ... La question du revêtement a suscité de nombreuses interrogations et de nombreux commentaires, auxquels Auguste Perret a lui-même répondu dans sa conférence à l'Institut d'art et d'archéologie en 1933 : « à ce moment nous pensions qu'un revêtement était nécessaire pour la bonne conservation des fers ; nous les avons donc recouvert de grès flammé […], mais nous avons eu bien soin de faire ces revêtements de formes différentes suivant qu'ils s'appliquaient aux poteaux ou aux remplissages, cela pour affirmer l'ossature ». ... Le bâtiment marque en outre un tournant dans le débat sur la visibilité du matériau, qui naît en même temps que le développement du discours au sujet des rapports entre béton armé et modernité architecturale en France.

Crédit photo : Mairie du 16e arrondissement de Paris dans le cadre du projet Crédit photo : « À la découverte de Paris - parcours promenade dans le XVIe ».