
14,avenue Gambetta, Sèvres
La Maison des Jardies, blottie sur le coteau de Sèvres, offre moins une prouesse architecturale qu'une strate dense d'histoire, un palimpseste où s'inscrivent les vies de figures éminentes, non sans une certaine ironie du destin. Née, semble-t-il, à la fin du XVIIe siècle, de la pragmatique nécessité d'un vigneron, sa substance bâtie originelle devait être d'une simplicité rustique, une réponse directe au terroir plutôt qu'une ambition stylistique. Sa mutation au XVIIIe siècle en « maison de campagne » n'est pas sans évoquer cette ascension sociale discrète, où l'utile se pare d'un agrément, signe de l'émergence d'une petite bourgeoisie aspirante à la villégiature. On peut y imaginer des façades alors légèrement adoucies, des percements plus réguliers, mais sans jamais atteindre la grandiloquence des folies plus opulentes, conservant une modestie élégante, presque effacée.