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Église Saint-Martin de Cormeilles-en-Parisis

Église Saint-Martin de Cormeilles-en-Parisis

124 rue Gabriel-Péri, Cormeilles-en-Parisis

L'Envolée de l'Architecte

L'Église Saint-Martin de Cormeilles-en-Parisis se présente comme un assemblage complexe, une superposition d'époques qui défie la linéarité historique et déroute l'observateur en quête d'unité. Cet édifice, classé monument historique, tire une part essentielle de son intérêt de son hétérogénéité même, fruit de campagnes de construction successives et de remaniements plus ou moins heureux. Au fondement de cette stratification se niche une crypte, commencée vers 1145 sous l'impulsion de l'abbaye Saint-Denis et de son célèbre abbé Suger. Cette crypte, longtemps méconnue, s'avère l'une des deux plus anciennes cryptes gothiques connues, un jalon archéologique majeur. Son style, plus avancé que sa contemporaine de Saint-Denis par l'emploi précoce de l'arc en tiers-point, suggère une audace architecturale notable, potentiellement due à la nécessité de stabiliser un terrain capricieux, dont l'instabilité devait d'ailleurs hanter l'édifice au fil des siècles. Ce souterrain voûté d'ogives monotoriques, dont un vaisseau fut longtemps remblayé, offre un aperçu d'une fonction cultuelle passée, peut-être liée à des reliques, facilitant jadis le défilement des fidèles par un double accès intérieur et extérieur, aujourd'hui réduit à un boyau obscur. Remontant des profondeurs, le chœur, entamé dans le dernier quart du XIIe siècle avec un chevet plat, prolonge la lecture d'une histoire tourmentée. Ses travées gothiques primitives, puis celles du XIIIe siècle, révèlent des profils d'ogives variés, témoins de ces extensions. Le désaxement inattendu vers le sud, s'écartant de la symbolique christique habituelle, ajoute à la singularité de l'ensemble. Les problèmes structurels persistants conduisirent à des reprises notables, dont la reconstruction flamboyante du collatéral sud au XVIe siècle, où les armoiries de l'abbaye de Saint-Denis attestent de son rôle de mécène. L'intérieur, en partie remodelé au XIXe siècle, offre une mosaïque de styles, où des piliers monocylindriques du chœur, portant des chapiteaux à feuilles striées restaurées, côtoient des ajouts plus récents, y compris des créations de 1891. La nef, quant à elle, déconcerte par son aspect roman apparent : de grandes arcades en plein cintre, des murs nus, et l'absence d'une voûte d'ogives originellement prévue. Cette simplicité archaïque contraste avec des chapiteaux datant du règne de François Ier, sculptés de feuilles de chou et de salamandres, reliquats d'une reprise en sous-œuvre au début du XVIe siècle. Le baron de Guilhermy, connaisseur avisé, déplorait d'ailleurs la perte de la charpente en carène renversée de 1512, remplacée au XIXe siècle par une fausse voûte en berceau d'un aspect qu'il jugeait vulgaire. La façade occidentale, quant à elle, est un pastiche néogothique de 1865, un exercice de style